Fiche de l'auteur

Ohayon Margo

 

Yves Charnet

Margo Ohayon est née en Touraine. Elle a exercé la profession d’infirmière de nuit. En 1992, elle publie son premier recueil Vers la lumière chez Poésie toute. Puis des aphorismesFiligranes/1993, Bribes/2008 sont publiés chez Babel Editeur, Quark chez Clàpas/1997. Des poèmes brefs - Arc/1995, Sillons/ 2002 - paraissent chez Encres Vives.

Une poésie de l’imaginaire Hors du tout naît chez Raphaël de Surtis en 1999. En 2001 sort le N° 27 du Panorama poétique de J.P Metge. Des textes sur la nature Textes d’hiver sont édités chez Le Noeud des miroirs, 2003. Une suite poétique entre réel objectif et fiction Les Signes paraît chez Encres Vives en 2007. Des extraits de sa correspondance sont parus chez Babel Editeur Aigrettes/1999, Lettres à G... chez n&b, 2003.

Elle a collaboré à des livres collectifs. Des poèmes figurent en revues. Elle a participé à des lectures-débats.

Photo : Claude Bretin – Radio Occitanie (2007)

 

« L’écriture est un champ ouvert. Qui recherche en elle quelque limite où il puisse s’appuyer, tronc d’arbre ou ligne d’horizon, sera très vite désarçonné. Ou il rebroussera chemin, reprenant des voies plus balisées, ou il s’étonnera assez pour s’avancer un peu plus avant, alors s’initiera un chemin où les lettres seront les seuls vestiges laissés par les prédécesseurs, cailloux de grands Poucet invisibles, veilleurs dans l’au-delà ou présents quelque part ici.

Peu à peu, le poète, un homme, prend conscience que ces lettres sont des briques. Donc, pas de modèles écrits, de père, mais la possibilité de se mettre à jongler avec elles et d’apprendre par contact de ces éléments avec ses mains à les tenir, à les apprivoiser, à les utiliser comme des vecteurs, des wagonnets sur roulettes remplis de boulets de charbon qu’il va pousser petit à petit dans diverses directions. L’homme devient un mineur qui se retrouve dans les entrailles d’une construction toute de houille. Dans cette nuit minérale, il apprendra à faire de ses briques des outils polyvalents. Sous sa voûte, l’enchantement compensera la peur. L’enchantement ? D’abord elle est d’ébène, un tableau d’ardoise. Certains veilleurs l’ont peut-être intentionnellement magiquement effacée pour lui seul alors que le monde entier autour y a accès. Face à elle il est aveugle. De cette cécité va naître un désir, immense désir né du néant qu’il a au dessus de sa tête dont les cheveux se dressent. Au lieu de voir comme tout un chacun il rencontre l’attente... La distance aussi entre lui et elle. Alors commence un parcours initiatique ou il va apprendre à maîtriser la répulsion et l’attraction qu’elle lui inspire. Il n’a pour ce faire que les briques, elles lui permettront de surmonter les obstacles, de tracer une écriture révélatrice de ce qu’il devrait normalement voir. Ainsi Il sera à la fois charmé et deviendra charmeur à son tour grâce à sa non voyance par l’exercice du toucher de ces briques.

Mais ce qui précède n’est que la tentative d’exprimer le plus petit du plus petit des atomes d'atomes de l’écriture. L’homme poète mineur le réalisera au fil des jours. La voûte s’agrandira au fur et à mesure, huître sombre engendrant sans cesse les nouveaux arcs de cercle de ses stries. L'homuncule poétique fixé sur ses parois finira par avoir l’intuition de la perle, perle de lumière blanche ou noire, mais bien sûr, cette perle ne sera jamais pour lui qu’une fiction, inutile d’en écrire plus aujourd'hui. »

               M. O.

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