Fiche de l'auteur

Sarajlić Izet

 

 

« La mort est elle aussi advenue. Le poète Izet Sarajlić s’est éteint le 2 mai 2002. Il était né le 16 mars 1930 à Doboj. Après des études de lettres à la faculté de Sarajevo, il avait travaillé presque toute sa vie dans la maison d’éditions sarajévienne Veselin Maslesa.

Ses vers ont été traduits en macédonien, slovène, russe (entre autres par Joseph Brodski, alors jeune poète de Léningrad), turc, anglais, albanais, lituanien, espagnol, allemand, polonais et français : Le Livre des adieux suivi de Recueil de guerre sarajevien, Nés en vingt-trois, morts en quarante-deux, tous deux aux éditions n&b (1997 et 1999), Poèmes d’amour, BF Éditions, (1999).

Il avait été le lauréat de nombreux prix dont, en 1997 et pour ses poèmes de guerre, le prix Mediterraneo à Trieste et le prix Erguvan en Turquie. Il venait de recevoir, en avril 2002, le Prix du 6 Avril, la plus grande distinction littéraire de Bosnie-Herzégovine. »

Mireille Robin (reproduit du Courrier des Balkans)

 

« Izet Sarajlić ne se rangeait dans aucune école de poésie. Sorte de conteur, de troubadour de l'amour de Sarajevo, des Sarajéviens et de sa femme Mikitsa, il était très estimé des Bosniaques, tout en étant rejeté par l'intelligentsia littéraire titiste. Il a publié une quinzaine de recueils de poésie et un livre de mémoires, traduits en onze langues. Son avant-dernier recueil, Le Livre des adieux. Recueil de guerre sarajévien, a été traduit en français en 1997 (Editions n&b).

Épuisé, le poète n'aura pas survécu longtemps à la mort de sa femme adorée, à qui il avait dédié son dernier ouvrage : 29 Février, publié en Bosnie peu avant sa disparition. Il avait reçu, entre autres, le prix Moravia en 2001 et le prix de la ville de Sarajevo en 2002. »

Christophe Chiclet (Encyclopædia Universalis)

 

Hormis la mort

Hormis la mort,
il n’est rien qui ne me soit déjà advenu.

Je peux visiter encore quelques pays,
me faire quelques amis,
obtenir (pourquoi pas ?) quelque médaille
(ce serait la première de mon existence),
mais, tout bien pesé,
hormis la mort,
il n’est rien qui ne me soit déjà advenu.

La seule chose qui me retienne en vie
est que je ne voudrais pas causer de peine
à ceux que j’aime
et qui m’aiment.

 

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